« Le monde a été créé pour tous et vous, le petit nombre de riches, vous vous efforcez de vous le réserver. Car ce n’est pas seulement la possession de la terre, mais le ciel même, l’air, la mer, qui sont revendiqués pour servir à un petit nombre de riches. Cet air, que tu inclus dans tes vastes possessions, combien de peuples pourrait-il fortifier ? Est-ce que par hasard les anges ont des parts d’espaces dans le ciel, pour que toi tu divises la terre en y pratiquant des bornages ? » Ambroise de Milan (340-397) est l’évêque célèbre de Milan. Il n’hésite pas à excommunier l’empereur Théodose le Grand en 390 pour sa répression de la révolte de Thessalonique. Le texte cité ici est tiré de La vigne de Naboth.
Lien entre Eglise et pauvreté
Lors d’une méditation au cours de la retraite en famille pradosienne du mois d’août 2025, Jean Philippe Tizon développait les relations entre Alfred Ancel (évêque auxiliaire de Lyon et responsable du Prado) et le monde ouvrier. Dans cet extrait de son intervention Alfred Ancel pose des questions qui sont encore d’actualités.
« Je ne vais pas développer cette partie mais prendre juste quelques extraits du travail, d’une grande qualité, de Christoph Théobald pour le Document Épiscopat afin de tenter d’illustrer le lien entre les apports au Concile et les influences ouvrières de « l’évêque ouvrier ». Travail qui, au vu de sa richesse, mériterait de prendre un véritable temps de réflexions.

Les contributions de Mgr Alfred Ancel sont des plus conséquentes. Elles influent avec d’autres, dont un certain Carol Wojtila, sur les rédactions des documents finaux. Pour Ancel, ce sera notamment la constitution Lumen Gentium (Lumière des Nations) notamment le paragraphe 3 du numéro 8 de ladite constitution mais pas seulement.
Ses premières interventions au Concile se veulent en vérité, marquées par la spiritualité du Prado, mais également par ses partages avec le monde ouvrier en lien avec ses diverses organisations profanes ou religieuses (JOC, ACO, etc.) « Notre rôle dans l’Eglise du Concile se mesurera à notre fidélité à vivre selon l’Evangile, spécialement dans la pauvreté (…). A quoi serviraient les meilleurs enseignements et les meilleures directives si l’Église ne se renouvelle pas dans la pauvreté, si elle ne devient pas, comme le souhaite Jean XXIII (…), « l’Eglise des pauvres » ».
Il dirige le groupe d’étude sur la théologie de la pauvreté. Lors d’une conférence à Lyon, il souligne que la complexité de la question d’une « Église des pauvres, annonçant l’Évangile aux pauvres » est désormais perçue. Il n’oublie pas les réalités de départ : « Les pauvres ne sont pas évangélisés ; le monde entier vit dans un état d’injustice ; l’Église est une étrangère pour les pauvres ».
Mais pour lui, le Concile a pris conscience de cet enjeu majeur : « Je suis profondément convaincu que nous sommes entrés dans un mouvement irrésistible et inversibles. Dans l’Église de Dieu, l’Esprit Saint vient inaugurer une nouvelle étape qui sera marquée par une rénovation profonde selon l’Évangile. Cette rénovation sera, en même temps, une rénovation doctrinale et pastorale ; ; et cette rénovation se fera sous le signe de la pauvreté, du service des pauvres et de l’évangélisation des pauvres »(6) . N’annonce-t-il pas aussi quelque part, sans le savoir, l’orientation pastorale du Pape François ?
Lors d’une deuxième intervention orale, il soulignera « que l’enjeu de la mission de l’Église ne se veut pas seulement d’ordre relationnel, mais comporte en même temps un versant collectif voire politique » rappelle Christophe Théobald. »
Vous pouvez trouver la totalité de l’apport de Jean Philippe Tizon sur le lien suivant :